• La Bretagne doit dire non aux éoliennes, oui au nucléaire !

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Si nous voulons redonner à la Bretagne la dynamique de développement qu’elle a pu connaître par le passé, si nous voulons lui rendre un second souffle, il va falloir lui donner tous les atouts pour qu’elle redevienne une région industrielle de pointe. Le passage à l’idéologie post-industrielle des années 70-80 a mené à la financiarisation et à l’avènement de l’économie de services. La Bretagne, même si elle reste un pôle industriel majeur en France, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Des côtes peuplées qui voient leur population doubler ou tripler en été, et un intérieur quasi-vide, isolé, fui par une population en manque de travail, d’accès aux soins, de vie.

 

Sans industrie au niveau local, pas de travail, pas de produits de qualité, pas de qualifications. Les petits boulots de l’économie de services ne sont qu’un pis-aller intenable sur le long terme. Le récent lancement de la marque « Bretagne » par le Conseil régional est une farce coûteuse (entre 250 000 et 450 000 euros) qui, censée promouvoir la production bretonne en France et à l’étranger, ne règlera pas le problème du chômage de masse qui touche les jeunes et les plus de 50 ans.

 

Nous militons donc pour une relance générale de l’économie de production, qui permettra d’équiper l’homme et les territoires, pour que le monde de demain ne soit pas l’Egypte de Moubarak ou la Tunisie de Ben Ali – une main-d’œuvre exploitée.

 

Or, si nous voulons de l’industrie, il va nous falloir de l’énergie. Beaucoup d’énergie. Car la Bretagne, qui ne produit que 8 % de l’électricité qu’elle consomme, fait partie des régions les plus fragilisées électriquement et donc les plus vulnérables à un black-out. Répondre à cela par les plans « d’austérité citoyenne » EcoWatt et Virevolt est le comble du ridicule.

 

La politique énergétique du Conseil régional s’avère donc, de ce point de vue, catastrophique. Eoliennes, éoliennes, éoliennes, on n’entend plus que ce mot par toute la Bretagne : éoliennes. Eoliennes terrestres autour du Mont Saint-Michel (qui risque ainsi d’être déclassé du patrimoine mondial de l’humanité), éoliennes offshore (pour dénaturer les paysages de la Baie de Saint-Brieuc), et même maintenant éoliennes flottantes (projet au large de l’île de Groix). L’Allemagne s’est déjà envolée, avec le plus gros parc éolien européen, c’est donc bientôt le tour de la Bretagne !

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Or, contrairement aux idées reçues, le vent, qui n’est que du vent, ne peut être considéré comme une énergie renouvelable. Une éolienne demande en effet dix ans avant de rendre l’énergie qui a été nécessaire à sa production. De plus, elles s’arrêtent de tourner par les périodes de grand froid ou de grosses chaleurs – c’est-à-dire aux moments où on aurait le plus besoin d’elles – car les températures extrêmes se produisent lors des phénomènes météorologiques anticycloniques ! Pas de vent, pas d’électricité ! Trop de vent, même problème ! Et si on pense qu’une masse de 100 mètres de haut et de 200 tonnes de métal (+ 700 tonnes de béton pour les fondations d’une éolienne de puissance moyenne, et jusqu’à 100 kilos de terres rares extraites en Chine dans des conditions destructrices de l’environnement) est « écologique », c’est qu’il y a un problème quelque part !

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Cette frénésie éolienne a pu prendre son envol surtout parce que l’Etat force EDF à racheter le KWh ainsi produit au quadruple de son prix réel, au final c’est donc le contribuable qui paie la différence.

 

L’idée en vogue, dans tout ce débat, est la création d’un nouveau bassin d’emplois grâce aux futures industries de production éolienne bretonne. Certes, les Shadoks s’employaient allègrement à pomper sans cesse, mais faudra-t-il que les Bretons passent leur temps à souffler dans le vent pour faire tourner leurs éoliennes ? Devra-t-on calculer le salaire de chacun par litre d’air ainsi expiré ? Ce genre d’idée mérite donc d’être coulée au large le plus vite possible, et le plus loin possible !

 

Par ailleurs, le groupe Bolloré, avec 18 agences réparties dans 14 ports français, dont ceux de Saint-Brieuc et de Montoir-de-Bretagne, doit se lécher les babines : les éoliennes produites pour le moment ailleurs qu’en Bretagne viennent regonfler les résultats d’une logistique portuaire en déroute depuis la crise de 2008. Toute collusion d’intérêts avec Nicolas Sarkozy et son grand plan d’éoliennes offshore serait purement fortuite.

 

Plus intéressant est le projet ressorti des tiroirs par l’UDB (qui pour une fois s’avère utile) au Conseil régional : la mise en place d’une station de transfert d’énergie par pompage à Mûr-de-Bretagne [1]. Une retenue d’eau serait bâtie au-dessus du lac de Guerlédan. Lorsque l’énergie électrique disponible est abondante (la nuit), ce lac artificiel serait rempli par pompage depuis l’actuel lac, 170 mètres en contrebas. Aux heures de pointe (matin et soir) l’eau ainsi stockée serait relâchée vers le lac actuel, en aval, et activerait des turbines. Le potentiel de production de ce système serait de 650 mégawatts, bien plus que la future centrale de Guipavas (400 mégawatts), mastodonte de gaz que l’opinion publique rejette avec raison. En tout cas, ce projet nécessite le soutien d’une source d’énergie à hauteur de 700 MW pour pouvoir être alimenté lors du pompage la nuit.

 

La Bretagne donc, si elle veut le droit au développement de long terme, va devoir se mettre à la pointe du nucléaire ! Or, si on veut aller dans cette direction, c’est tout un lobby écologiste auquel il va falloir faire face. L’opposition est déjà forte contre la construction de la ligne à très haute tension qui délivrera l’électricité générée par le futur EPR de Flamanville. Pourtant, les éoliennes, au même titre que les autres sources d'énergie de faible densité (solaire, marin, fermentation, etc.) nécessitent un réseau de distribution plus ramifié et plus complexe, amenant à une multiplication des lignes électriques.

 

De plus, le Conseil régional, sur proposition du groupe Europe Ecologie - Les Verts - UDB, a quant à lui bêtement voté le refus d’installer à l’avenir des unités Flexblue au large des côtes bretonnes. Le Flexblue, dont le concept vient d’être dévoilé par la DCNS, est une mini-centrale nucléaire (maximum 250 MW) embarquée dans un sous-marin, qui, posé dans les fonds marins à quelques kilomètres des côtes, pourrait fournir l’électricité nécessaire à une ville comme Brest – qui se situe en bout de chaîne du transport électrique breton et est donc la grande ville la plus vulnérable lors d’un pic de consommation d’électricité [2]. Voter une motion pour refuser d’installer quelque chose qui n’existe pas encore ! Hélas, hélas ! C’est vrai qu’en politique le ridicule ne tue plus depuis bien longtemps...

 

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Les petits réacteurs nucléaires à haute température – quatrième génération – tandis que l’EPR, présenté habituellement comme le fin du fin technologique, est en retard d’une génération –, à sécurité intrinsèque, sont également une piste qui représenterait  un bon appoint pour la Bretagne. Il est regrettable, de ce point de vue-là, que l’Afrique du Sud, leader mondial de la recherche sur les réacteurs à lits de boulets, ait abandonné son programme, privilégiant le financement de la coupe du Monde de football.

 

Aujourd’hui, seul le nucléaire est capable de générer des densités d'énergie suffisantes pour engendrer les actions qui nous permettront d’aménager le monde de demain. Faire vivre trois millions de Bretons avec du vent, autant s’épuiser à souffler dans un vieux biniou crevé ! Breton à la tête dure, ton avenir est dans l’atome !

 

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[1] Le projet proposé par l'UDB pèche sur la question de l'alimentation de la station de pompage en électricité. En effet, l'usine marémotrice de la Rance n'est pas assez puissante pour parer à la totalité de ses besoins. Quant à la centrale thermique de Cordemais, son rôle est simplement d'ajuster la production d'électricité en fonction de la demande, c'est-à-dire que son fonctionnement n'est réellement utile qu'en cas de pic de consommation. Utiliser le fioul et le charbon de cette centrale pour pomper l'eau du lac de Guerlédan représenterait donc un gâchis inutile (et même, pourrait-on ajouter, polluant) alors que l'électricité nucléaire des centrales de Flamanville et Chinon est disponible en grande quantité la nuit. Mais ces deux centrales ne sont pas en Bretagne... La vie d'indépendantiste doit être bien difficile !

 

[2] Conclusion de la motion du Conseil régional : « La Région Bretagne est très inquiète des conséquences du développement de flexblue, refuse l'implantation de nouvelles unités de production d'énergie nucléaire à terre comme en mer, refuse le développement de ce type de projet en Bretagne, ni pour un usage local ni à des fins d'exportation. » Cliquer ici pour lire la motion en entier.