Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 23:37

La marquise de Grand Air explique un jour à Bécassine, lui parlant de l’enfant dont elle est la nourrice : « Plus tard, je ne la laisserai pas dans le besoin mais elle est destinée à une condition modeste » ; « j’ai trouvé cela raisonnable », rétorque Bécassine.

 

Ou comment le principe oligarchique a été appliqué à la Bretagne... On comprend pourquoi la petite Bretonne sans bouche n’a jamais été vraiment appréciée dans la région.

 

Alors certes, Bécassine a connu son succès il y a longtemps, dans l’entre-deux guerres ; certes le miracle breton a eu lieu depuis. Mais la mondialisation financière a remplacé les Trente Glorieuses par le Club des Trente, qui, avec Pinault, Bolloré, Glon et consorts, a commencé à pomper hors de la région ses ressources productives, financières et intellectuelles. La Bretagne s’est ainsi peu à peu amputée de son avenir en se transformant en grenier à touristes.

 

Mais contrairement à Bécassine, nous avons une bouche. Nous pouvons donc l’ouvrir, et aller voir les gens pour parler, discuter avec eux, débattre des enjeux de cette société qui s’écroule, dénoncer les responsables de la crise, poser les solutions. Les élections cantonales ont été une formidable occasion de le faire publiquement.

 

Si la campagne officielle n’a duré que deux semaines, ça fait déjà plusieurs mois que Lilian Renault (candidat sur le canton de Rennes Nord) et David Cabas (candidat à Ploërmel), avec leur équipe de militants, ont pris d’assaut leur canton : porte-à-porte quasiment tous les soirs, diffusions massives de tracts (plus de 40 000 diffusés sur les deux campagnes – au moins, les râleurs pourront nous accuser d’avoir bourré leurs boîtes aux lettres !), tables de recrutement partout où on pouvait trouver du monde, réunions publiques, visibilité dans la presse, chorale sur les marchés, interpellation des automobilistes le matin aux feux rouges... Plus d’une trentaine de personnes se sont mobilisées pour ces différents déploiements, permettant des tirs croisés qui ont généré une reconnaissance qu’on a vu progressivement se développer sur les deux cantons.

 

Nous avons dû faire face à un véritable paradoxe tout au long de cette campagne – comme il se doit pour toute campagne cantonale : amener dans des élections très locales (le canton de Rennes Nord compte 25 000 habitants, celui de Ploërmel 13 000) des questions qui ne se régleront qu’au niveau national, voire international.

 

Les quelques centaines de personnes que nous avons pu rencontrer ont donc à chaque fois été mises devant le fait établi : pas d’avenir sans réforme en profondeur du système bancaire, plus précisément pas d’avenir sans séparation des activités bancaires – les mots « Glass-Steagall » ont dû résonner plusieurs milliers de fois dans nos bouches.

 

Ce n’est pas que nous ayons été sourds aux questionnements que chacun pouvait avoir en tête, que ce soient des problèmes situés à un niveau purement personnel, ou au niveau du canton, de la région, du pays, ou du monde – voire même au-delà –, mais nous avons dû renouveler constamment nos efforts pour élever le débat : rien ne pourra réellement se régler sans un bouleversement des règles du jeu politique et financier !

 

Pendant notre campagne, les pays du monde arabe connaissaient les plus grands bouleversements, la Libye était à feu et à sang, la zone euro menaçait d'éclater, la révolte gagnait les Etats-Unis. La commission Angelides nous donnait l’exemple à suivre en publiant son rapport sur la crise des subprimes. Comment aurait-on pu se permettre d’éviter ces sujets ?

 

Nous étions bien sûr les seuls à en parler, les autres candidats – seulement trois sur Ploërmel, nous donnant de bonnes chances de marquer le coup, mais huit sur Rennes Nord, nous plongeant au sein d’un véritable supermarché politique ! – naviguant de faux débats en vrais ébats, avec un manque cruel de rapport à la réalité : sans budget, leurs beaux projets resteront de belles promesses. Même Jean-Marie Goater (Europe Ecologie Les Verts) et son économe « pour faire les pelures les plus fines possibles pour économiser la ressource » n’ont pas réussi à relever le niveau ! (Emission Le Grand Gallo du 4 février 2011). Peut-être Bécassine est-elle la cousine de Chantal Goya et de certains de ces candidats, mais elle n’est certainement pas la nôtre !

 

Comme l’a reconnu un militant du Parti socialiste, rencontré un soir après le porte-à-porte : « Ni vous, ni les autres candidats ne parlent réellement du département, qui est pourtant l’enjeu d’une cantonale. Mais alors que tous les autres ramènent la question à un enjeu municipal [pour dégommer la mainmise du PS à Rennes], vous êtes les seuls à élargir à l’international et c’est là votre force. »

 

Bécassine, elle aussi, avait fini par entrer dans les réseaux de la Résistance. Mais toujours sans sa bouche, toujours aussi naïve. La Résistance que nous voulons bâtir devra être capable de générer les idées qui créeront le lien entre micro et macrocosme, et de les transmettre. La campagne présidentielle de Jacques Cheminade, pour laquelle nous allons nous battre au cours des prochains mois, est donc plus qu’essentielle : elle est vitale.

 

Nous ne connaissons pas encore, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le résultat de ces élections cantonales. Soyons honnêtes : tout bien considéré, Lilian et David ne seront probablement pas élus au premier tour avec 51 % des suffrages.

Mais quel que soit le nombre d’électeurs qui nous aurons choisis, une chose est sûre : la Résistance ne peut se faire chacun dans son coin, ou, comme semblent aimer à le penser beaucoup de Bretons, chacun dans sa « communauté ». Nous avons initié un mouvement, pour un combat qui devra changer les affaires publiques de ce monde : à vous de choisir votre camp !

Par Lilian
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 09:53

Paru dans le Ouest France du 16 mars 2011 :

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Par Lilian
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 16:25

Bâtir une nouvelle Résistance contre l'occupation financière

 

Désintégration monétaire, désintégration économique, désintégration sociale... L’échec de nos dirigeants pour faire face à la tourmente est incontestable : leurs compromissions avec le monde de l’argent nous emmènent vers le pire. Dans un système devenu fou, c’est à un véritable pillage financier que l’on assiste. L’Etat, qui passe son temps à renflouer des méga-banques à la dérive, se désengage toujours plus de ses responsabilités à tous les échelons.

 

Le problème commence à bien se faire sentir au niveau local...

 

Municipalités et départements se retrouvent dans une situation inextricable : on leur demande de faire plus avec moins de moyens. L’Ille-et-Vilaine, par exemple, se voit contrainte de réclamer 330 millions d’euros à l’Etat pour pouvoir continuer à assumer le RSA et l’Allocation personnalisée d’autonomie pour les personnes âgées !

 

Le démantèlement de la vie de quartier est déjà bien entamé. La municipalité a dû choisir entre la grande bibliothèque des Champs libres ou la sauvegarde des bibliothèques de quartier ; celle de la Maison bleue a ainsi été fermée.

 

Les commerces de proximité comme celui de La Bellangerais se retrouvent quant à eux à l’abandon, au profit de zones commerciales à échelle inhumaine et sans âme. Michel-Edouard Leclerc se frotte les mains et ses amis du Club des Trente continuent à dépouiller la Bretagne, le sourire au coin des lèvres... 


...Mais la solution ne peut être que globale !

 

• Pour faire face, il faut remettre banquiers et financiers de tout poil à leur place, le plus vite possible. Rétablir la séparation entre les banques de dépôt et les banques d’affaires (loi Glass-Steagall) doit être la première mesure à prendre. Ainsi, l’argent des déposants et pour le développement de l’économie « réelle », pourra être protégé dans des banques agréées, tandis qu’on laissera les spéculateurs couler tranquillement dans le canal Saint-Martin.

 

• En arrachant l’émission monétaire des mains des établissements financiers privés et en la rendant à l’Etat, nous pourrons enfin rediriger l’argent vers de grands projets. L’économie sera alors orientée vers la production, le travail qualifié et l’aménagement du territoire, au détriment de l’économie virtuelle, du libre-échange et du saccage social.

 

Nicolas Sarkozy doit donc s’en aller, et ce n’est pas Strauss-Kahn qui doit prendre sa place ! Le rejet de leur logique financière se retrouve partout, dans les révoltes de la faim des peuples méditerranéens comme chez nous dans les grèves contre la souffrance au travail, le démantèlement de notre industrie et la destruction de nos acquis sociaux.  


C’est pourquoi nous lançons un appel pour une nouvelle Résistance contre le monde de l’argent et surtout porteuse de vrais projets, de grands projets. A Montfort-sur-Meu, tout près d’ici, eurent lieu en février 1942 les premiers parachutages de matériel pour les Résistants d’Ille-et-Vilaine. Retrouvons aujourd’hui, ensemble, l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont bravé le danger au milieu d’une situation qui pouvait paraître désespérée. L’action doit se décider au niveau du canton et de conseillers généraux proches des électeurs. Ne laissons donc pas étouffer l’initiative locale par des conseillers territoriaux hors sol ! Je combattrai pour qu’on revienne au dialogue de proximité pour mieux intervenir sur les affaires du monde.

 

Rennais ! L’heure est grave. La bataille est rude, il va falloir nous y jeter de toutes nos forces !

 

Portez le premier coup : le 20 mars, votez pour votre avenir, votez Lilian Renault !

 

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Par Lilian
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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 23:36

Cliché 2011-03-09 23-15-04

Par Lilian
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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 23:07

Déclaration de Jacques Cheminade

 

Paris, le 1er mars 2011 — Hôpital d’Ajaccio, Société des HLM de Toulouse, ville de Saint-Étienne, communauté urbaine de Lille, incinérateur des déchets urbains de Saint-Germain-en-Laye (Sidru), commune de Ploeren (56), ville de Rouen, département de la Seine-Saint-Denis, ville de Saint-Maur-les-fossés, pompiers de l’Ain, logement social (SACVL) à Lyon, etc., pas un jour ne passe sans apporter de nouvelles révélations.

 

Il s’agit d’ « emprunts toxiques » vendus, pas seulement par des banques d’affaires étrangères telles que la Royal Bank of Scotland (RBS) ou la Deutsche Bank, mais par des banques usurpant la bonne réputation de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), telles que Dexia Crédit Local (dont la CDC possède 17,6%) et Natixis, assignées devant les tribunaux par un nombre croissant d’élus de collectivités locales acculées à des réductions budgétaires dramatiques, voire à la faillite.

 

Entre 2000 et 2008, nos banquiers affirmaient dans leur autosuffisance que, grâce à leur excellente gestion, la France était à l’abri d’une crise du type des subprimes américains, élément déclencheur de la pire crise de solvabilité bancaire mondiale depuis la Grande dépression. Cependant depuis, comme le montre un article du Monde du 17 décembre 2010, pas moins de 18 régions sur 22 ont souscrit à des emprunts toxiques, 62 départements sur 100, ainsi que des milliers de communes et de syndicats intercommunaux, 373 établissements de santé, dont 290 hôpitaux, 107 organismes d’HLM et 42 sociétés d’aménagement… D’après l’agence de notation Fitch leur volume n’est pas de 10 milliards, comme le prétend le gouvernement en se basant sur les chiffres de Dexia, mais de 30 à 35 milliards d’euros, près d’un quart du total des emprunts.

 

Ces « emprunts toxiques » ne sont que le reflet de tout un « système toxique » que nous proposons de bannir au plus vite avec un « Glass Steagall global », véritable banqueroute ordonnée séparant les prêts spéculatifs de ceux alimentant l’économie physique réelle.

 

Pour mettre en œuvre ce système nouveau dans lequel les joueurs perdants ne seront jamais renfloués et les établissements financiers redeviendront des instruments au service de l’économie, nous proposons cinq mesures formant un tout cohérent :  

 

- Création d’une vraie Commission d’enquête sur la crise financière disposant d’une indépendance suffisante et de pouvoirs d’instruction et de réquisition.  

- Interdiction de la titrisation de la dette, mesure que suggère implicitement la Commission Angelides aux Etats-Unis. Etre honnête, c’est reconnaître qu’une dette n’est pas un actif comme un autre.

- Moratoire sur les intérêts usuraires, remboursement du principal des emprunts toxiques des collectivités.  

- Application des critères Glass-Steagall pour le démantèlement de Natixis et Dexia, séparant rigoureusement les activités de dépôts des activités de banque d’affaires (courtage, trading, etc.) regroupées désormais dans une entité juridiquement séparée. Le Crédit Local doit retourner dans le giron de la CDC et de l’Etat français, le Crédit Communal dans celui de l’Etat belge afin de sécuriser le financement des collectivités locales.  

- La CDC reprendra sa mission d’origine. Par conséquent elle renoncera à toute activité spéculative. Si l’exécutif peut nommer le président de la CDC, le président de sa Commission de surveillance pourrait être désigné par un vote des deux tiers des membres du Parlement.

    Par Lilian
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    Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 08:45
    Par Lilian
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    Qui est Lilian Renault ?          32 ans, animateur socio-culturel

     

    Rennais d’origine, j’ai grandi dans le quartier de la Tauvrais, à proximité du parc des Gayeulles. Mes parents, qui m’ont éduqué dans un esprit d’ouverture et de franchise, étaient enfants d’agriculteurs, j’ai donc pu côtoyer de près le monde rural et son bon sens paysan. Après deux années à l’Université de Rennes I en Sciences de la Vie et de la Terre, je suis entré dans la vie active en tant qu’ouvrier intérimaire. J’ai par la suite effectué divers séjours à l’étranger pour assouvir ma soif de découvertes culturelles.

     

    C’est en revenant d’une mission humanitaire au Liban avec l’ONG Asmae que j’ai décidé de m’investir dans le milieu associatif de l’animation culturelle et sociale. Cela fait maintenant quatre ans que je travaille auprès de Rennais en difficulté économique et sociale ; cet emploi m’a donné envie d’aller plus loin dans l’action pour mes concitoyens, j’ai donc commencé à mettre un pied en politique en devenant sympathisant de divers courants de gauche. Ensuite, lors d’une conférence de Jacques Cheminade en 2006 sur les rouages de la finance mondiale, j’ai pu comprendre comment les problèmes politiques français dépassent largement le cadre national.

     

    En 2008, j’ai commencé à militer aux côtés de Solidarité & Progrès en apportant mon soutien à l’Appel pour une commission d’enquête sur la Crise financière et économique, commission qui serait dotée de toutes les prérogatives nécessaires pour lancer une véritable enquête sur les agissements des banques ayant mené à la crise que nous traversons.

     

    Lors des élections régionales de 2010, je me suis porté candidat sur la liste « Bretagne, phare  nouveau monde » aux côtés d’Alexandre Noury, plusieurs fois candidat à des élections locales pour Solidarité & Progrès.

     

    Je poursuis maintenant mon combat politique en me présentant sur le canton de Rennes-Nord pour dénoncer l’ampleur de la crise du système financier international et amener un vrai débat sur les alternatives que les hommes politiques ignorent ou font semblant d’ignorer.

     

    Il va nous falloir sortir du règne de l’argent-roi si nous voulons redonner un sens aux fondements de notre République.

    Lilian Renault, 32 ans, animateur socio-culturel dans une MJC de Rennes

    Suppléante : Laure Bellier, 30 ans, opératrice télémarketing

    Contact : 06 28 75 06 84

     

    Cliché 2011-03-09 23-15-04

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